Genèse d’une réflexion – 2008

« Comment vivre avec mon futur CYBER-MOI ? Quels enjeux cette nouvelle entité, extension de mon identité physique posera-t-elle aux individus et aux sociétés dans leur relation à ce nouvel espace/temps ? »

Voici donc les questions qui auront prévalu à alimenter une réflexion sommairement résumée dans ce titre un peu étrange et provocateur de « Cyber-moi », mélange et cocktail de multiples concepts à la sauce SF.
Cette graine d’idée posée en gestation, le quotidien moins onirique reprenant le dessus, il aura fallu attendre une opportunité dix ans plus tard pour qu’à travers le lancement de l’Agora 41, une entité de réflexion à l’instar des think tanks anglo-saxon, sur l’initiative de L’ANSSI (Agence Nationale de la sécurité des Systemes d’Information), celle-ci prenne corps.
Ainsi donc était crée dans cette Agora des 41, le sous-groupe du « Cyber-moi ».

Voici cet article « Modeler la Sécurité du Cyber Future – Agora 41, Assemblée Stratégique pour l’ANSSI » du Dr Hélène LAVOIX, permettant d’appréhender cette initiative. En voici un extrait :

« Dans ce cadre, l’ANSSI a lancé un programme de réflexion original, Agora 41, au sein duquel 41 experts ont été sélectionnés et invités à participer à une nouvelle expérience visant à développer des solutions innovantes pour soutenir l’agence dans sa mission.

Cinq thèmes ont été sélectionnés pour servir la réalisation de la stratégie de cybersécurité et de ses objectifs, tout en respectant les impératifs de prospective stratégique.

– Imaginaire, Cyber-monde et Sécurité
– Entrent les GAFA et BATX: de nouvelles règles pour un nouveau jeu sur un nouvel échiquier?
– Gagner la Guerre des Talents.
– Cyber-moi (Cyber-cohabitation).
– Mettre en place un cyber-écosystème victorieux pour la sécurité.

Chaque membre d’Agora 41 a choisi un thème principal, tout en ayant la possibilité d’interagir sur les autres questions. Ce système cherche à permettre des discussions fructueuses avec échanges horizontaux entre questions.

2008 :
Aujourd’hui un grand thème est la traçabilité. Quel que soit le domaine, il y a création
de traces…nouveau minerai ?
L’analyse de ces données représente un enjeu économique colossal dont la portée
paraît encore difficilement mesurable, tant sur le plan individuel et personnel,
qu’à l’échelle même de nos sociétés .
Sans nul doute redessinera-t-elle des frontières dont quelques films dystopiques en
ont fait leur lit exploratoire. A travers les récits de ces fictions apparaissent des
angoisses, fantasmes dont on peut sans grand risque postuler qu’ils représentent
d’ores et déjà des questions auxquelles seront confrontées très rapidement les
politiques. Et ce dans un temps beaucoup plus proche qu’ils n’imaginent..
Sur le plan technique, on ne peut que constater marché aidant, l’envahissement
galopant de l’environnement, par de multiples dispositifs numériques, puces
invisibles, rfid généralisé, navigo, vélib, vidéosurveillance, carte vitale, domotique
etc… cet ensemble constituera à terme en superposition de l’actuel réseau internet,
une surcouche d’enrichissement d’information, tel un système nerveux virtuel qui
s’élabore et la création de cette intelligence qui va s’insérer dans chacun de nos
actes de vie, consommation, santé, géolocalisation, profiling, holographie,
psychosociologie etc..
Le résultat final de l’agrégation de ces données auto générées et de leur exploitation
dans ce nouvel espace, au-delà de l’idée de notion de ‘’surveillance  » dont certains
brandissent le spectre, interroge sur la capacité des individus à vivre avec cette
nouvelle représentation d’eux-mêmes.
Quelques pistes de travaux qui pourraient être menées (liste volontairement
non exhaustive) :
Nous en sommes à la préhistoire de cette première cohabitation avec l’internet 2 et
on en voit déjà avec les réseaux sociaux, les blogs, etc, les prémices de la
préfiguration d’un nouveau mode de vie. Comment l’imaginer demain dans ce futur
environnement ?
La cohabitation avec ce nouveau « moi » ou « être informationnel » suggère bien sur
des points positifs : émancipation/savoirs/connaissances etc, mais aussi des
questions aussi fondamentales que la sécurité de ce nouvel « être numérique »
émergent …

En effet nous passons inexorablement de la notion d’Objets appartenant au Sujet
dans un espace technique urbanisé, local, plus ou moins maitrisé par des services
informatiques à celle d’identité virtuelle dans un espace/temps devenant socio
numérique global et complexe.
De ce dernier point il apparaît inéluctable que de nombreux aspects instruits dans les
sciences sociales et autres SHS seront interpellés à terme.
Sur un temps plus court, tirant les enseignements des évolutions actuelles de la
sécurité de l’information, instruire quelques thèmes issus de l’expérience, parait
stratégique.
A l’instar des « virus » informatiques, le terme même montrant la porosité par
analogie entre monde physique du vivant et numérique, les sujets
risques/sécurité/juridique devront être balisés:

  • quid de pathologies non encore imaginées, émergentes, que pourraient générer des piratages de « l’être informationnel » ?
  • les virus numériques franchiront-ils la frontière vers le vivant et se manifesteront-ils sous quelle forme ?
  • quels seront les impacts/conséquences d’atteintes à la réputation, sur les
    représentations psychiques des individus dans leur quotidien/relation?
  • si tant est que je contrôle mes données, le risque n’est-il pas non plus une certaine forme de « cannibalisme schizophrène » par excès d’ego/narcissisme/désirabilité sociale tendant à modifier la forme que je veux véhiculer à des fins de manipulation, d’influence…
  • quid de vols d’identité, d’usurpations, de détournements etc ouvrant dès lors une
    criminalité dont on n’ose imaginer les méfaits
  • quelles mesures et quels organismes instruiront pour le citoyen cette protection ?
  • existera-il un ministère de la santé numérique etc…

A travers ces quelques pistes de réflexions prospectives conjuguant par postulat le gommage de frontière entre espaces, mêlant des dimensions multiples que l’individu aura de lui-même, il apparaît plus que jamais que chacun sera confronté à devoir instruire ce qu’il est!
Dans une forme où peut-être finalement la schizophrénie deviendra de fait la norme… !

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